Projet Pilote à l’Ecole Nouvelle : La méditation s’invite à l’école

Ecole nouvelle

Ce projet a été entièrement créé, mis sur pied et transmis par mes soins aux instituteurs volontaires et aux adultes de l’extra-scolaire à l’Ecole Nouvelle (rue de l’Hôtel des Monnaies, 117 à St Gilles à Bruxelles) Xanthippe Lazaridis

Le projet

De septembre 2018 à juin 2019

De quoi parle-t-on ?

Tout d’abord, définissons ici ce qu’on entend par méditation pour les enfants :

S’asseoir en silence ou faire des exercices (de respiration ou en mouvement) pendant un temps assez court (de 3 min. à 10 min.) et prendre conscience de son propre corps, de son environnement, des ses émotions, de ses sens, de ses pensées.

Pourquoi la méditation à l’école ?

L’initiative vient d’une proposition personnelle; à savoir sensibiliser et former les instituteurs à la pratique de la méditation pour le plus grand bien de nos enfants. Cette proposition a été acceptée lors d’une réunion de l’association des parents. Il s’agit dès lors au départ d’une initiative citoyenne avec une volonté d’apprendre aux enfants une meilleure connaissance d’eux-mêmes à travers différents exercices méditatifs à pratiquer en classe avec l’instituteur.

Puis, la direction, Madame Gallet a donné son accord. J’ai alors procédé à une présentation de mon projet suivi d’une acceptation des instituteurs à titre volontaire.

Les Bienfaits de la méditation

Les bienfaits de la méditation sur l’organisme, sur le mental et sur le corps ne sont plus à prouver.

Quelques-uns des nombreux avantages à pratiquer la méditation :

  • Calmer le cœur et détendre le corps
  • Augmenter une tolérance à l’exercice
  • Renforcer l’énergie vitale
  • Permettre une meilleure concentration par la stimulation du cerveau
  • Augmenter l’attention en favorisant la créativité
  • Apprendre à gérer ses propres émotions
  • Mieux gérer les conflits avec les camarades grâce à un apprentissage de l’auto-réflexion
  • Diminuer les symptômes de troubles anxieux
  • Renforcer le système immunitaire
  • Améliorer l’entrée d’air dans les poumons et ainsi la capacité respiratoire
  • Pratiquer la cohérence cardiaque

La liste est encore très longue.

Comment mettre en œuvre une telle pratique ?

Dans le cadre du présent projet, l’idée n’était pas d’octroyer des séances de méditation aux enfants directement.

La clé est de transmettre aux instituteurs et aux accueillants une méthodologie et des outils à mettre en pratique dans leurs propres classes/groupes.  Il est primordial pour moi que les instituteurs et accueillants s’approprient les outils et fassent de cette expérience, une expérience personnelle enrichissante pour eux-mêmes et pour les enfants.

Il est important de noter que le sens même de la méditation devra être compris et intégré par celui ou celle qui voudra l’initier dans son groupe d’enfants. On ne peut pas transmettre, et certainement pas aux enfants, quelque chose qu’on ne comprend pas.

Aucune obligation de la part de la direction à y participer. La porte était ouverte pour tout le corps enseignant. La moitié y a adhéré de manière volontaire.

La mise en route des séances pour les enseignants/accueillants

Les horaires les plus appropriés étaient entre l’heure du midi.
7 sessions de 45 minutes ont été réparties entre octobre et décembre 2018.

Les sessions ont été multipliées par 2. Une session adressée au corps enseignant. Et l’autre à l’équipe entière de l’extra-scolaire.

En janvier 2019, 3 institutrices ont été choisis pour être suivis et faire du sur mesure (de janvier à juin 2019).
Annie Marijsse, 3° maternelle
Audrey Van Eyck, 1ère et 2ème primaire
Maylis Laurent, 1ère et 2ème primaire

Dans ce projet, l’emphase à été mise sur le fait d’insuffler un sens et une pratique personnelle aux enseignants/accueillants, avant toute mise en route avec les enfants.

Les séances en elles-mêmes

2 séances d’initiation et de sensibilisation à la méditation

Il a été proposé aux participants des séances d’initiation à la méditation sous forme d’exercices pratiques. La méditation doit se vivre, il ne s’agit pas d’une théorie à connaître.

2 séances ont été consacrées aux multiples méthodes déjà existantes

En effet, il n’y a pas une mais des méditations. Les enfants ont leurs personnalités comme nous, les adultes. Nous ne sommes pas tous faits de la même manière, nous n’aimons pas les mêmes choses, nous n’appréhendons pas la réalité de la même manière. Ainsi chaque technique procède aussi d’une personnalité spécifique. Certaines méditations ne conviendront pas à certains enfants, ou certains groupes.

Ces 2 séances ont permis de comprendre quel sera l’outil le plus approprié pour chaque instituteur.  Et il faut savoir également que si un outil ne fonctionne pas avec certains enfants, cela ne veut pas dire que les enfants sont incapables de méditer. Il faudra peut-être essayer différentes manières de faire.

Par exemple :

  • Utilisation de la respiration
  • Utilisation de la musique (musique de la nature/musique douce en arrière-plan)
  • Utilisation du ressenti du corps ou du mouvement
  • Utilisation de l’imagination, de l’imagerie, du mental
  • Utilisation des sens (ouïe, toucher, odorat, vue)

3 séances ont été consacrées à des exercices pratiques

Elles ont pris la forme de jeux de rôle, de mises en situation et d’exercices spécifiques à faire avec les enfants. Toutes les questions ont pu être posées pour gérer certaines situations : donner la possibilité aux enfants qui angoissent de pouvoir se retirer, anticiper et calmer les enfants un peu plus turbulents. Plusieurs cas de figures ont été mis en avant pour voir comment adopter des attitudes justes.

Après ces 7 séances, les instituteurs ont pu commencer l’expérience dans leur classe.

D’autre lieu au sein de l’école ont aussi pu être des espaces d’exploration de la méditation grâce à une accompagnante de l’extra-scolaire. Elvisa a imposé des moments de silence et de calme avant les jeux/exercices/activités extra-scolaires. Elle l’a fait de manière quasi systématique dans la salle de gymnastique. Je salue sa magnifique initiative qui a suivi la formation. Prouesse tout de même particulière et difficile compte tenu du nombre d’enfants et de leur différence d’âge ! J’ai personnellement pu y participer et j’ai vu la volonté et la ténacité que cela demande de la part de l’adulte pour maintenir un aussi grand groupe en place et dans le silence. Bravo Elvisa !

3 séances ont été consacrées à des retours d’expériences auprès des 3 instituteurs choisis

Pour m’assurer du bon développement de l’initiative, échanger sur les expériences et partager les bons conseils, j’ai organisé des réunions avec les instituteurs qui se sont engagés dans le processus. Ils ont pu débattre et donner un retour à tout le groupe.

L’initiative a été audacieuse et se voulait précurseur car j’ai proposé du sur mesure et je comptais suivre des instituteurs pendant 1 an.  

La méditation est déjà pratiquée dans d’autres écoles, par exemple en Angleterre, en Hollande, en France, aux Etats-Unis,… Toutefois en Occident ces initiatives sont des cas isolés, alors qu’en Asie ces pratiques font partie du quotidien.

Le souhait est de devenir un cas d’école, d’intégrer la pratique de la méditation et des techniques de respiration consciente dans le projet pédagogique et j’ambitionne de sensibiliser et de promouvoir la méditation dans d’autres écoles de la capitale.

Déroulement des séances en classe pour les 3 institutrices choisies (du sur mesure)

Annie 

Comment : Exercices physiques du type (yoga debout, échauffement, bouger en douceur) et puis assis et suivi de sa voix, guider la méditation – Musique en arrière plan

Quand : matin avant le goûter

Durée : 5 minutes

Audrey 

Comment : Exercices physiques du type (yoga debout) et puis assis et suivi de sa voix, concentration sur la respiration – inspire/expire – Musique en arrière plan

Quand : Au retour du break de midi

Durée : 5 minutes

Maylis 

Comment : Exercices physiques du type (brain-mouvement) et puis assis et suivi de sa voix, guider la méditation, concentration sur la respiration, parler des différentes façons d’aborder le souffle (vagues, mouvements, toucher son ventre avec les mains) –
Musique en arrière plan

Quand : matin première heure après réunion

Durée : 5 minutes

Les retours des institutrices

Leurs expériences avec les enfants et leurs ressentis à travers cette expérience.

Audrey Van Eyk

Avant le projet pilote en question, Audrey avait fait un peu de Yoga sans en retirer les bienfaits escomptés. Puis, pour des raisons médicales, elle a suivi auprès d’une thérapeute des séances de sophrologie qui lui ont apportés énormément de soutien physique, psychologique et émotionnel.

C’est quoi la méditation pour toi : « Prendre conscience de ce que l’on ressent. S’arrêter et prendre le temps d’écouter son corps« .

J’ai mis en place ceci : Par moment, écouter la musique en travaillant. Et j’ai remarqué que lorsque je relâche cette pratique (j’oublie de l’instaurer…) que je n’ai plus un bon climat de travail. C’est en outre quelque chose que les enfants ont pris l’habitude d’apprécier.  Et donc ils me le demandent ou ils me le rappellent.

La pratique du matin m’a permis de constater des changements. 

J’ai remarqué que dès qu’on commence la journée avec les exercices mis en place… l’après midi se passe super bien. Les enfants écoutent les consignes, ils sont concentrés,… Si j’oublie de le faire… c’est les enfants eux-mêmes qui me le rappellent. Et je vois la différence entre les jours où on a commencé par la méditation et les jours où j’ai oublié de le faire avec eux. Maintenant, je peux plus m’en passer. Je suis obligée de le faire sinon je n’ai plus l’attention globale instaurée avec la méditation dans l’ensemble de la classe.

Maylis Laurent

J’ai utilisé plusieurs outils. Les exercices dynamiques me parlent d’avantage. Je termine néanmoins avec des exercices de respiration.

J’ai demandé aux enfants de garder ce sentiment de paix même après les exercices de méditation. Et ça marche. Je les invite à entrer dans un espace de calme et de concentration.  

Au fur et à mesure des séances, les enfants s’approprient les exercices. Le fait de faire la même chose pendant au moins un mois donne l’opportunité aux enfants de ressentir de plus en plus profondément les effets de la méditation.

Parfois, j’étais à la bourre et je zappais la méditation du matin. L’après-midi je me demandais ce qu’ils avaient… m’enfin ils sont agités, qu’est-ce qu’ils ont… puis je me rappelais que je n’avais pas fait les exercices le matin! Du coup, je leur demandais de le faire sur le champ et je constatais immédiatement un changement dans leur comportement. Plus de calme en classe, plus de concentration, plus à même d’absorber une nouvelle matière.

Maintenant, j’essaie de faire cela avec mes propres enfants ! Avec un en particulier… pendant le trajet de la maison à l’école… des exercices de respirations… j’ai eu un retour de son institutrice qui me dit qu’il utilise des exercices de respiration pour se calmer quand il sent la colère monter en lui.

Il est très important, je pense, que l’institutrice s’approprie les exercices avant de pouvoir les restituer auprès des enfants. Que l’institutrice soit à l’aise et convaincu des bienfaits.

Annie Van Eyck

Les enfants sont demandeurs de ce moment.

Pour ma part, je le pratique avec eux dans une salle polyvalente, vide où ils peuvent prendre tout l’espace. Cela se passe super bien. Par contre, ce que je trouve plus difficile c’est l’après. Car ils doivent remettre leurs chaussures et retourner en classe… J’ai l’impression qu’ils perdent en route les bienfaits de la séance. 

Du coup, même si l’expérience en tant que telle est positive, je pense que le faire en classe serait plus intéressant. Ainsi les enfants peuvent rester dans l’exercice même après, sans avoir cette cassure.

Ce qui est super dans ton projet, c’est que tu ne nous as pas cantonné dans un seul type de méditation. Tu nous as ouvert l’esprit sur les différentes façons d’apporter la paix et le calme en classe. Tu nous as ouvert différentes portes d’accès à la méditation.

Quand tu es venue en classe pour une séance… j’ai tout de suite vue la différence… tu fais ressortir de toi une partie de toi… la charge est plus forte et cela se ressent. L’instituteur doit être imprégné d’une pratique plus ou moins longue. Celle-ci est alors diffusée au enfants même de manière invisible mais perceptible aux sens. Le cheminement personnel de l’instituteur est pour moi quelque chose de très important. Ça fait plus de sens car la personne sait que c’est quelque chose qui fait du bien et du coup, elle va le faire avec les enfants car elle sait, elle est convaincu que cela va faire du bien aux enfants.

Ces exercices font prendre conscience de l’importance d’être à ce qu’on fait et le sentir. Pour moi, ça c’est déjà un message éclairant et important à faire passer pour plein de gens. 

Et pour conclure, je pense en tout cas que le fait de se centrer sur sa respiration (inspire – expire) c’est quelque chose de très simple.  Et je trouve que déjà ça, c’est quelque chose qui est important et qui donne un effet immédiat.

Tu vois tous ces enfants qui se posent, qui se calment, et qui sont dans leur respiration. C’est magnifique.

Responsable et initiatrice du projet 

Xanthippe Lazaridis est formatrice et sono-thérapeute. Elle enseigne la méditation depuis plus de 15 ans. Et elle est dans la pratique méditative depuis plus de 25 ans.

Xanthippe Lazaridis
30 juin 2019

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