L’être au centre de nos préoccupations

Nous sommes des êtres sociaux et la communauté joue un rôle très important dans l’émergence de notre soi.

Nous sommes des êtres se construisant à travers les liens que nous créons tout le long de notre vie.

Mais un dicton chinois dit aussi : Nous naissons et nous mourons seuls.

Le confinement a révélé l’importance de la communauté, les liens sociaux,…

Mais il a révélé à quel point il était important d’être bien avec soi. Il a révélé l’importance de l’être en tant que personne faisant partie d’une humanité, d’une civilisation, d’un ensemble.

Il a révélé les disparités entre les êtres. Leurs sentiments de solitude et l’incapacité de certains d’être avec eux-mêmes.

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Il est crucial dès lors de ne pas courir toujours vers le plus de choses, le plus d’activités et le plus de productivité.

Le confinement nous a démontré à quel point l’être devrait être le centre de nos préoccupations.

La méditation, l’auto-analyse, le repos est cruciale dans la société. L’émerveillement du tout-petit fasse à la nature, aux liens sociaux et l’aptitude d’être un être à part entière dès le début de sa naissance.

La méditation à un âge précoce (dès la maternelle) apporte aux enfants une toute autre satisfaction. Autre que la capacité à nous imiter, à nous copier ou à être déjà de petits adultes productifs.

Il est important de comprendre (pour nous les adultes) que pour le tout-petit, ne rien faire, fait partie de son éducation. Il ne doit pas toujours produire, faire des choses pour être utile aux autres, ou à nous les adultes. Sa construction passe par des temps plus ou moins long d’intégration des informations acquises par l’expérience, le vécu. Tout est concret et ressentit comme tel.

La pause, la réflexion, le vide apportent un temps d’intégration mais aussi et surtout de création… de penser autrement, de se réfléchir, de créer des choses nouvelles.

Il n’y a pas de musique sans silence. Il n’y a pas de vie sans temps mort. Et ce temps « mort » n’est pas un temps perdu, mais la possibilité de laisser émerger une nouvelle musique, une nouvelle danse, d’autres couleurs qui seront au bénéfice de toute une communauté, de toute la société.

Chaque être est unique !

Et c’est pour cela que l’être ne peut se développer que si nous lui donnons la possibilité de penser autrement. De révéler ses potentiels et sa singularité.

L’être n’est pas une machine que la société doit façonner pour correspondre aux idéaux d’un tout. Le tout doit se nourrir et se construire à travers chaque individu qui va apporter soit sa contribution soit quelque chose de nouveau, d’innovant. Chaque personne est invitée à trouver sa place et enrichir la communauté. C’est à la communauté qu’il incombe de mettre en œuvre toute l’aide nécessaire à l’accompagnement de l’être pour l’émergence de ses plus hauts potentiels.

L’être a le devoir d’aider la société mais seulement si nous lui donnons la possibilité d’exploiter ses talents pour pouvoir servir le tout.

Un enfant vient au monde avec toutes les caractéristiques et les pouvoirs d’un être humain dans son entièreté.  Il n’est pas un demi-humain. Il n’est pas quelque chose qui va devenir. Il est déjà complet. Il s’adapte à la communauté dans laquelle il naît.

Tous les êtres ont des besoins primordiaux : de nourriture, affectifs, émotionnels, culturels, … Ces besoins sont pourvus par la famille, l’école, la communauté,…

Donner à l’enfant le temps de se réfléchir est primordial si nous voulons une société riche de ses différences… Chaque être a une place unique, particulière, singulière.

Lui permettre de prendre sa place, c’est lui donner du temps pour lui.

Chaque être se définit par son appartenance à un groupe. Mais si ce groupe dénigre ses besoins autres que son identité issue uniquement de cette appartenance, il nie tout simplement qui il est en tant qu’individu. Il rate alors la chance de découvrir cet être. Il l’empêche d’offrir ce qu’il a de plus beau à donner à ce groupe. A savoir… sa différence, son authenticité, sa spontanéité, son savoir-être unique.

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La méditation ou les techniques de respiration sont des méthodes royales pour permettre à tout être de se trouver, d’éclairer son chemin à travers la réflexion. C’est aussi un temps de prise de conscience de sa responsabilité face aux défis de sa communauté.

Une personne qui ne prend jamais le temps pour lui-même est une personne perdue dans une immensité se sentant incapable de changer les choses… car il se sent tout petit face aux événements, au système, à l’ensemble.

Il n’a pas pris conscience de sa co-inter-dépendance face au groupe.

La peur véhiculée lors de ce confinement a clairement démontré l’incapacité de bon nombre de personnes à réfléchir par eux-mêmes… à se réinventer, à se poser, à se réfléchir.  Ce confinement a révélé que les peurs véhiculées par le plus grand nombre devenaient les peurs de chacun individuellement. Le groupe l’emporte toujours dans ce cas. Car si l’habitude n’a pas été prise de pouvoir (de prendre ce pouvoir légitime de réfléchir par soi-même, d’être éduquer en ce sens) prendre du recul face aux événements, aux aléas de la vie, aux difficultés rencontrées,… il est très difficile qu’émotionnellement le pli soit pris, lors d’une crise comme celle que nous vivons.

Dès lors je pense que l’heure est venue au bilan et au constat face à la grande détresse de la majorité de la population. L’important doit être mis sur l’être et non sur la «productivité» au détriment de celui-ci.

Le colibri qui essaie d’éteindre le feu goutte après goutte, ne pense pas qu’il est vain de se préoccuper de l’incendie. Il pense qu’à partir du moment où il a fait ce pour quoi il se sentait utile, l’important avait été accompli pour lui.

L’être au centre de nos préoccupations, veut dire que nous accordons aux êtres le temps de se définir et d’être responsable d’eux mêmes. Cela permet à l’être de se sentir responsable de ses pensées et surtout de ses actes. Cela lui donne aussi l’opportunité de vérifier que nous sommes tous différents et que nous ne sommes pas tous capables des mêmes gestes, des mêmes actes, des mêmes pensées.

Chaque personne peut avoir sa place si nous lui permettons un temps de réflexion sur ce qu’il veut, attend de la vie, veut faire dans la vie, et comment il peut servir à la communauté.

C’est de lui que doivent venir ces réflexions. Et pour cela, il lui faut un temps, un espace/temps.

A vouloir toujours l’occuper sans lui permettre de se rêver… nous lui coupons dès lors les ailes de son présent et de son devenir.

Plus tôt un enfant prend le temps, et apprend qu’en s’asseyant, il découvrira des choses et des réponses en lui, plus tôt nous lui offrons la découverte du mystère de la vie. Le mystère de la vie se trouve en l’être, pas à l’extérieur de lui.

L’extérieur est le reflet de nous-mêmes et non l’inverse.

οταν η φυση παιζει.. (2)

Le miracle de la vie est dans la naissance d’un nouveau né. Le miracle se trouve dans son premier regard face à cette humanité qu’il apprend à connaître et à rencontrer. Mais sans oublié que ce début commence par une rencontre avec son propre corps, son propre être.

Le corps doit faire l’objet de soins et d’attention les premiers mois de notre vie. Pas uniquement nutritionnel, mais affectif et émotionnel. L’amour étant le vecteur de toutes nos actions.

L’amour est l’essentiel qui fait tourner ce monde. L’amour est le principal ingrédient de notre vie, est le sel de notre vie, est le lien, ce qui nous unit.

La méditation apporte une énorme bouffée d’amour à celui qui pratique. Le fait de se réfléchir apporte paix et réconfort. S’aimer est primordial. La méditation aide l’être à se rencontrer, à mieux se connaître et à s’aimer, se respecter et ainsi respecter l’autre.

Quand il y a traumas répétés, certains enfants déjà en primaire (voir plus tôt aussi) ont du mal à se réfléchir car apparaissent dans leur sein, au plus profond d’eux-mêmes des douleurs qui émergent… La méditation révèle en effet de bonnes choses mais aussi d’autres plus douloureuses.

C’est ainsi que le confinement a révélé chez beaucoup d’êtres humains, leurs douleurs, leurs désarrois, leurs manques, leurs blessures,… Il a été dès lors très difficile pour ses personnes d’être avec eux-mêmes. Ils préfèrent leur vie d’avant quand ils pouvaient s’échapper dans un ailleurs, dans un faire frénétique, dans un dehors pouvant faire taire ses douleurs.

La méditation ne doit pas être un devoir, mais une opportunité, un droit divin. La pause qui n’attend rien de toi, le repos qui permet une meilleure compréhension du monde, le silence qui suggère la paix en toi, la suspension de pensée qui démontre un terrain fertile pour être connecté à ton être et de par la même, à tous les êtres qui t’entourent.

Quand nous méditons, nous prenons conscience de l’importance du groupe et des liens affectifs qui nous lient. Nous voulons le bien pour tous car nous comprenons que nous sommes tous unis, nous formons une unité grâce à nos différences. La méditation réduit les jugements car nous réalisons que nous sommes tous différents et que nos différences nous rendent plus fort unis. Nous nous rendons compte que les autres ne sont pas séparés de nous. Ainsi la compassion est un produit inhérent à la méditation. Elle grandit en nous et nous voulons ainsi la réussite et le bien pour tous.

L’autre n’est pas séparé de moi. L’autre est partenaire, ami, fait partie de la famille. La grande famille qu’est l’humanité toute entière.

Il y a plusieurs sortes de méditation.

J’enseigne aux instituteurs plusieurs approches leur permettant ainsi de s’approprier le processus d’apprentissage. Une personne sera plus en clin d’utiliser telle méditation axée sur le corps et une autre plutôt axée sur les émotions.

Comme je l’ai dit, puisque chaque personne est différente, chaque personne va trouver son chemin d’apprentissage à travers ce qui lui correspond le mieux.

Il n’y a pas un mais des chemins.

Il n’y a pas une mais des méditations.

Car il n’y a pas un mais des individus.

Xanthippe Lazaridis
19 avril 2020

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